DEVOIR DE MEMOIRE
Dès l'aube de l'humanité, 1'Homo Sapicns a déja laissé depuis sept cent mille ans,
comme vestiges de son existence des armes et des outils de pierre. Les peuples primitifs.
même les Papous, ont admirablement sculpté dans des grottes. Les Mayas, les Kmers, les
Chams ont gravé leur histoire et leurs divinités dans des temples et pyramides, dans les ruines
d'Angkor, les tours Cham.. En France les réfugiés Arméniens rescapés du génocide turc ont
construit d'innombrables mémoriaux, les Chinois développent des quartiers entiers
florissants avec leurs centres culturels.
Au Viet Nam, durant les dix siècles de domination chinoise qui n'ont pas réussi à
briser I'âme nationale, le peuple vietnamien a pris conscience de son existence propre et de
son irréductible originalité. Contre vents et marée, à défaut de monuments, il a pu
transmettre la mémoire de sa souffrance et de ses hauts faits, de sa culture et de sa morale,
par les ca dao, chansons populaires qui ont bercé les jeunes dès leur tendre enfance.
Après la reconquête de l'indépendance par Ngô Quyền en 967, dans le pays, furent
érigés à la mémoire des héros et des grands événements de nombreux temples, tombeaux,
stèles... pour apprendre aux enfants à se souvenir. Furent aussi construits des monuments aux
morts, des cimetières pour victimes de guerre et d'atrocités, non pas pour entretenir la haine
mais pour que cela ne se reproduise plus.
Aux Etats Unis, au Canada, en Australie... des cités, des monuments commémoratifs
ont été bâtis partout où vit la communauté vietnamienne.
Mais en France où de nombreux Vietnamiens sont venus s'installer, les premiers il y a
près d'un siècle, les autres depuis plus de deux décennies, on peut se demander avec angoisse
qui entretiendra cette mémoire ?
Nam Quốc

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